30 Avril 2021
5e dimanche de Pâques, année B. Dans l’évangile de Jean 15,1-8 lu ce dimanche, il est question de vigne et de sarments. Depuis les temps bibliques jusqu’à aujourd’hui, la vigne est un bien précieux pour les hommes.
Il n’est pas étonnant que la vigne soit le support d’un riche symbolisme. Jésus l’utilise pour nous décrire la vie qui circule à la manière d’une sève entre lui et ses disciples comme entre le Père et lui.
Israël avait conscience d’être comme une vigne choyée par Dieu. Au temps du Christ, sur la façade du temple de Jérusalem, courait la sculpture d’une immense vigne dorée qui le rappelait…
Mais le Vigneron divin a été déçu: “Que n’ai-je pas fait pour ma vigne ?... J’en attendais du beau fruit. Elle ne m’a donné que du verjus !” (Isaïe 5, 4). Israël n’est pas seul en cause; l’humanité tout entière n’a pas su reconnaître son Créateur et Sauveur.
“Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.” Jésus assume le merveilleux symbole biblique. Il a été choisi et donné par le Père, “planté” dans le terreau humain… Il a été “taillé” par la Passion et la Croix… En lui, la vigne de Dieu répond pleinement à son attente et donne un fruit superbe de vie éternelle pour toute l’humanité.
Le Christ est le cep: “Je suis la vigne, et vous, les sarments”. Greffés sur lui par la foi et le baptême, nous sommes associés à sa “vendange”.
Trois conditions s’imposent pour être un rameau porteur de raisin :
1. Premièrement, être attaché au Christ : “De même que le sarment ne peut porter du fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus si vous ne demeurez pas en moi”. C’est une sorte de symbiose qui s’alimente à la sève de la prière, de l’Écriture, des sacrements et du don de soi. Il ne s’agit donc pas d’une référence floue, appuyée sur quelques habitudes et quelques gestes rituels vaguement chrétiens !
2. Accepter d’être taillé. Cette opération est douloureuse pour la vigne qui “pleure” comme disent les vignerons… “Tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie pour qu’il en donne davantage.” Celui qui veut valoriser sa vie à la suite de Jésus doit forcément accepter des “tailles” et faire des choix qui coûtent.
3. Enfin, porter du fruit. Deux excuses nous empêchent le plus souvent d’agir efficacement : les “si”, alibis à un engagement résolu et fructueux, et les “demain”, étrangers à l’Évangile familier plutôt des hâtes et des “aussitôt”.
Lors d’une célébration de catéchèse, un jeune de sixième avait écrit sur un dessin de grappe: “Je voudrais être un bon raisin !”
La fin de cette lecture caractérise bien le propos des Actes des Apôtres : montrer la progression du Règne de Dieu, manifesté dans la jeune Église des Apôtres, et surtout désigner l’artisan de cette progression, à savoir l’Esprit Saint. L’extension de la jeune Église est numérique et géographique : le nombre des convertis s’accroît, de même l’étendue des régions touchées par la prédication missionnaire.
Les débuts de l’apôtre Paul illustrent cette progression : le récit de ce dimanche signale, certes, les difficultés bien compréhensibles de sa première prédication, à savoir la méfiance à son égard, puisqu’en si peu de temps, de persécuteur il était devenu disciple et même prédicateur assuré. Mais ses déplacements manifestent la propagation de la Bonne Nouvelle : de Damas, où il a prêché, il revient à Jérusalem, où il prêche encore, pour repartir ensuite à Césarée et à Tarse.
Dans cette première lettre de Jean lu le 5e dimanche de Pâques, année B ( 2 mai 2021), l’apôtre présente la relation des chrétiens à Dieu comme amour, relèvement et fidélité.
Voici une des paroles les plus éclairantes de toute la prédication apostolique : “Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur”.
Cette parole peut apaiser des consciences inquiètes et révéler le visage authentique de Dieu : si “Dieu connaît toutes choses”, ce n’est donc pas à la manière d’un surveillant prêt à intervenir en flagrant délit, mais pour nous relever de toute culpabilisation indue et éveiller en nous la confiance en lui, jusqu’à la pleine assurance.
Son attitude à notre égard est si bienveillante qu’il veut demeurer en nous et nous donner son Esprit. C’est dans cette relation que la fidélité aux commandements trouve son appui.
Évangile : Jean 15,1-8
L’évangile de Jean 15,1-8 proclamé le 5e dimanche de Pâques, année B (2 mai 2021) révèle que, bien qu’invisible, le Ressuscité nous est présent, et d’une manière si intense qu’il l’explique par la comparaison de la vigne.
Même si vous n’avez pas de vignes, mais que vous cultivez quelques plantes, vous avez assez d’expérience pour saisir la réalité profonde révélée par la comparaison de la vigne. De plus, par notre économie actuelle du rendement maximum, vous savez concrètement ce que signifie produire, placer, faire fructifier. Ce n’est pas que Jésus veuille faire de nous des obsédés du rendement spirituel, il cherche au contraire à nous persuader que “en dehors de lui, nous ne pouvons rien faire” pour produire les fruits de son Royaume.
Berger, eau vive, lumière, vigne et sarments, il multiplie les comparaisons pour nous faire découvrir la relation qu’il est venu nouer avec son nouveau peuple, une relation si forte qu’il fait de nous son corps, et ce corps, il le nourrit et l’alimente à l’image de la vigne et des sarments. La célébration dominicale et la prière familiale sont des moments privilégiés pour la réalisation de ce que Jésus désigne par le verbe “demeurer” : “Demeurez en moi, comme moi en vous”.
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